Par Didier Ravon

Photo : ©Nicolas Henry

Avant de faire un petit break mérité, l’équipe technique comme toujours n’a pas ménagé ses efforts. Nous avons eu encore sept jours assez rythmés après ce chantier d’été de trois semaines, l’objectif étant de remettre COMMEUNSEULHOMME à l’eau. C’est fait ! Il faut dire que nous avons enchaîné le test à 90 degrés, un démâtage, le déquillage, un remâtage, le requillage, plus le ponçage de la carène. Il a fallu aussi enlever du plomb dans la quille suite au test de redressement, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car nous pensions devoir en rajouter. Le mât est désormais remis aux cotes, et dès que nous rentrerons dans deux semaines, on achèvera de parfaitement le régler. On a également reçu nos nouvelles voiles Incidences. Enfin, on a fait une belle carène au bateau, et je suis d’autant plus satisfait que nous n’avions pas d’endroit spécifique sur le terre-plein, vu qu’à Port-La-Forêt en ce moment, c’est un peu l’embouteillage entre les vacances et l’avant Vendée Globe. Honnêtement, je ne me doutais pas avant de préparer ce tour du monde que ce serait un tel « Lego », et que nous passerions autant de temps à démonter et remonter le bateau. Mais c’est en même temps tellement passionnant de s’approprier la machine sur laquelle je vais passer trois mois seul. Physiquement, je me sens vraiment bien. Franchement, il y a un an, je ne pensais jamais que nous serions aussi avancés dans le projet, et parfaitement dans les « clous ». Je me faisais la réflexion il y a quelques jours, me disant que j’étais même en avance sur les prévisions les plus optimistes, et j’ai même entendu dire qu’il y avait nombre de concurrents qui rêveraient d’avoir ce degré de préparation à trois mois pile du départ du Vendée Globe. C’est une belle satisfaction pour tous nos mécènes et l’équipe qui œuvre sur le projet. N’empêche, l’une de mes interrogations aujourd’hui est de savoir comment je vais me comporter en course, comment je vais me situer par rapport aux autres, et ce sans me mettre trop de pression. Mais je pense que tous les skippers cogitent aussi… Sur ces bonnes paroles, je pars quelques jours en vacances, histoire de déconnecter un peu, tout en poursuivant ma préparation physique !

Le chiffre de la semaine: 30: Le nombre de kilos de plomb qui ont été ôtés de la quille suite au test à 90 degrés permettant de connaître le moment de redressement du bateau en cas de chavirage. La quille avec son voile et son bulbe en forme de torpille pèse au total près de 2,7 tonnes, soit quasiment le tiers du poids total du bateau,

Les mots pour le dire : Carène: C’est la coque du bateau composée des œuvres vives qui se situent sous l’eau et des œuvres mortes qui se situent au-dessus de l’eau. La surface de la carène doit être parfaitement lisse et propre pour obtenir une glisse optimale… et nécessite donc un fastidieux travail de ponçage.

Déquillage : Fait de désolidariser la quille accrochée à la coque du bateau. La quille composée d’un voile en acier et d’un bulbe en plomb peint en orange ou jaune fluo (afin d’être mieux repéré en cas de chavirage) est fixée sur un robuste axe en acier sur la partie structurelle du fond de coque, et angulée d’un bord sur l’autre par d’énormes vérins.