Derrière cet acronyme se cache le nom de la classe des voiliers qui disputent notamment le Vendée Globe. L’IMOCA (International Monohull Open Class Association) est aussi et d’abord une jauge à restriction. Je m’explique. Ces fantastiques machines à vent conçues pour être menés en solitaire, possèdent à la fois des caractéristiques imposées, comme la longueur, la hauteur du mât, le nombre de cloisons étanches et d’appendices… et d’autres libres, comme la largeur, les formes de coque, les voiles ou le plan de pont… Vous me suivez ? Du coup, les 60 pieds IMOCA encadrés par une jauge draconienne sur la sécurité, laissent une large place à la créativité et à l’innovation. Alors c’est quoi au juste IMOCA 60 ? Et bien, c’est un monocoque mesurant 18,28 m (soit 60 pieds) pesant grosso modo 8,5 tonnes et portant jusqu’à 600 mètres carrés de voilure ! Outre une grande largeur, sa particularité est de posséder une quille qui bascule et des ballasts (cuves remplies d’eau de mer) permettant d’augmenter sa puissance, ainsi que deux dérives ou encore deux safrans. L’on comprend aussi pourquoi il est équipé de pilotes automatiques si sophistiqués qu’ils barrent mieux que le skipper, et ce 24 heures sur 24 ou presque ! Enfin, ce n’est rien de dire qu’un IMOCA possède un intérieur minimaliste. Que dis-je monacal ! Pas de cuisine mais un mini réchaud de montagne, pas de couchette mais un simple pouf à billes, pas de WC mais un seau, pas d’eau courante mais des lingettes bébé, pas de penderies mais des sacs numérotés qu’on trimballe d’un bord sur l’autre… et un « mur » tapissé d’électronique piloté par un ordinateur portable ! « Comme Un Seul Homme » ne déroge pas à la règle, et si en apparence, le bateau d’Eric Bellion ressemble à s’y méprendre à ceux de ses futurs adversaires du Vendée Globe, plein de petits détails montrent déjà qu’il préconise la différence, cette différence qui non seulement est une force, mais l’ADN de son défi !

Didier Ravon