Par Eric Bellion

Depuis mon retour de qualification et l’afterwork organisé par Salesforce et Phone Régie en compagnie d’Olivier Brisse, fantastique barreur et équipier non-voyant, la semaine a été en partie consacrée à des navigations à bord de COMMEUNSEULHOMME, avec nos mécènes EY, Nicoll, Salesforce et Thuasne. Nous avons décidément une bonne étoile, car nous avons été plutôt gâtés avec la météo en baie de Concarneau, quand une partie de la France était inondée. Ces sorties à bord d’un bateau conçu pour le solitaire et le double - mais surtout pas pour la balade en équipage - ne sont jamais anodines. J’aime bien rappeler « que pour une heure de voile il faut compter environ sept heures de travail sur le bateau ». Ces navigations partagées impliquent beaucoup d’efforts pour l’équipe technique. Je suis très heureux, car l’équipe joue le jeu à fond, jour après jour, sortie après sortie. Outre le plaisir d’embarquer les mécènes, et leur faire découvrir cette formidable machine qu’est un 60 pieds Imoca, nous en profitons pour tester des voiles, travailler les manœuvres… Mais j’avoue que c’est plutôt stressant. Nous sommes une dizaine à bord et donc à l’étroit, et il faut bien veiller à ce que personne ne se blesse et à ne pas abîmer le bateau. En même temps, ce qui est bien, c’est qu’on apprend à chaque sortie. On débriefe dans la foulée. Il ne faut pas oublier que nous restons des débutants. Il est essentiel de toujours avoir en tête de naviguer avec prudence, de porter les gilets automatiques, de ne pas « charger » le bateau, de ne pas tenter une manœuvre scabreuse… Bref, on navigue « safe », mais on travaille, on partage notre quotidien avec eux. Et la satisfaction c’est de voir qu’à l’issue de la navigation, tout le monde a des étoiles plein les yeux. Les invités sont fiers que leur entreprise s’engage pour ouvrir les consciences, promouvoir la diversité et montrer que la différence est une richesse. Et le fait de partager ces moments assez uniques ensemble, grâce à la magie du Vendée Globe, de poster des photos sur les réseaux sociaux et mettre au grand jour la force des singularités c’est fabuleux. Je vois avec bonheur que le projet n’a jamais aussi bien porté son nom.

Le chiffre de la semaine: 7: Le nombre de mécènes qui embarquent pour chaque sortie, auxquels il faut ajouter Eric le skipper et 2 à 3 membres de l’équipe technique selon la météo.

Les mots pour le dire : Ballasts: Réservoirs répartis dans les flancs, à l’avant, à l’arrière ou au centre du bateau, que l’on remplit d’eau de mer à l’aide d’une pompe ou par écopage afin d’augmenter la raideur, le passage dans la mer, et donc la puissance.

Gilets automatiques : plus sophistiquées que celles que l’on trouve sous les sièges des avions, ces brassières de sécurité faciles à porter sont munies d’une cartouche d’air comprimé et d’une pastille de sel, se gonflent automatiquement en cas de chute à la mer, et permettent au naufragé d’avoir la tête maintenue hors de l’eau.

Charger: Dans le jargon de la course, se dit quand on pousse le bateau en le surtoilant (on navigue plus toilé), en le ballastant, en inclinant la quille. On pourra préférer « charger » lors d’un départ de régate en optant pour une voile d’avant de surface plus importante, afin d’avoir plus de puissance et donc de vitesse. Mais qui dit charger, dit forcément aussi prise de risques !