Bonjour à tous,

Aujourd'hui, il y a du vent au menu. Nous avons navigué entre 20 et 30 nœuds au près dans une mer bien formée. Elle ne se calme que maintenant et avec la lune le spectacle est assez magique. On file à toute vitesse sur un tapis doucement scintillant.

Vers 11h ce matin, alors que je prenais un ris, le pilote automatique a décroché et le bateau a viré de bord sans prévenir. Nous sommes donc retrouvés en vrac, quille et ballasts en plein sous le vent. C'est pas le genre de figure qu'on aime en bateau. Encore moins en solitaire sur les gros bateaux.
Pas le temps d'avoir peur. D'abord choquer la grand voile, larguer la bastaque, balancer la quille au milieu, essayer de récupérer les écoutes de solent, tout cela avec la barre dans les mains. C'est plus facile à écrire qu'à faire croyez moi.

David est parfait il est là mais fait rien. Il reste en sécurité en attendant que je l'appelle à la rescousse. Finalement après quelques longues minutes de lutte, le bateau accepte de repartir sur la bonne amure. Et 40 minutes plus tard le temps de tout démêler ou ranger, nous reprennons notre route.

Après cette opération, la première pour moi en solo sur IMOCA, je me sens fatigué mais très heureux et très serein. Je remercie David de n'avoir pas bougé car la leçon n'aurait pas été la même. Je m'assois sous le roof au vent et j'apprécie longuement ce moment. C'est comme cela que la confiance se crée entre le skipper et son bateau en faisant des erreurs ensemble et en les réglants ensemble. C'est pour des moments comme cela que je fais aussi du bateau. Ce soir je connais mieux COMMEUNSEULHOMME et ses limites. Je sais que je suis capable de régler ce genre de crise. Je me connais encore un peu mieux et je sens que je franchis encore un pas vers mon objectif. C'est passionant la vie de marin sur ces machines.

à demain

Eric