Par Eric Bellion Photo : ©Nicolas Henry

Ma semaine a commencé aux Sables d’Olonne lundi matin à 9 heures, par une réunion avec tous les skippers du Vendée Globe. Je ne vous cache pas que la tension est montée d’un cran ! Les organisateurs ont rappelé quelques règles, et nous ont clairement expliqué qu’outre l’obligation d’avoir le certificat de jauge Imoca, il y aurait une course à la qualification. Bref, même inscrit depuis longtemps (ce qui est le cas de COMME UN SEUL HOMME) pour être certain d’être sur la ligne de départ le 6 novembre, c’est l’ordre des qualifications qui fera foi. Cela signifie que je dois terminer la mienne, soit 1 500 milles en solitaire. Si j’ai déjà réussi la première partie de ma qualif’ lors de la dernière Transat Jacques Vabre, je dois effectuer ce parcours complémentaire rapidement pour définitivement valider mon inscription et poursuivre ma préparation sereinement. Quand je vous dis que nous sommes déjà dans la course ! Dans la foulée de cette réunion, nous avons achevé de caler avec Fabienne l’hébergement aux Sables d’Olonne, et avons préféré l’option location de petites maisons plutôt que l’hôtel, afin de loger l’équipe technique, celle de la communication, et pouvoir accueillir les mécènes de la manière la plus conviviale possible. Puis, je suis reparti au chantier retrouver mon bateau. Les casquettes (de protection ; ndlr) sont finies et vont être peintes la semaine prochaine, et nous sommes enfin entrés dans la phase remontage. Moi je continue à apprendre. Cette semaine, j’ai réparé des lisses (pièces structurelles de la coque ; ndlr) qui avaient claqué. Depuis fin février, je m’organise un peu différemment, et m’accorde tous les après-midi pour travailler sur le bateau. Je redécouvre le bricolage ! C’est un bonheur, car tu travailles avec des gens d’une rare compétence, comme Fréderic Robin, le responsable atelier de Mer Agitée et qui a une énorme expérience. Il a fait toutes les campagnes de Mich (Desjoyeaux ; ndlr) et est très pédagogue. Et puis, maintenant, si une lisse casse en mer, je saurai exactement ce que je dois faire. Je sais comment préparer mes tissus, comment les coller… et outre le fait que j’adore bricoler, c’est une manière de m’approprier encore un peu plus mon bateau. Enfin, j’ai reçu les résultats de mes tests sanguins aux intolérances alimentaires, et a découvert non sans surprise que j’étais intolérant au gluten… comme un certain Novak Djokovic l’actuel numéro un mondial de tennis. J’ai commencé à changer mon régime, et sens déjà la différence !
Eric

Le chiffre de la semaine : 31
Le nombre de bateaux inscrits (29) et pré-inscrits (2) pour 27 places sur le ponton de Port Olona aux Sables d’Olonne.

Les mots pour le dire :

Jauge Imoca : pour obtenir son certificat de jauge, et donc être habilité à prendre le départ du Vendée Globe, un 60 pieds Imoca doit répondre à un certain nombre de critères, comme la longueur (18,28 m), le tirant d’eau (4,50 m), le nombre de cloisons étanches (5), le moment de redressement maximal (32 tonnes x mètre), le tirant d’air (29 mètres) etc.

Qualification : elle est obligatoire pour pouvoir faire le Vendée Globe, et consiste selon le règlement, à effectuer la traversée d’un océan d’Est en Ouest ou d’Ouest en Est, en Imoca, en solitaire ou en double après le 1er janvier 2009. De plus, le skipper doit effectuer un parcours complémentaire de 1 500 milles en solitaire à bord du bateau avec lequel il va prendre le départ du Vendée Globe, et ce avant le 1er octobre 2016.