Par Didier Ravon

Photo : © VINCENT CURUTCHET / DARK FRAME / DPPI

Eric ayant droit à un petit break dans le sud de l’Espagne, histoire de parfaire sa condition physique, nous en profitons pour rappeler ce qu’est le Vendée Globe… si toutefois, vous aviez manqué le début ! La première édition a eu lieu en 1989 créé par le navigateur : Philippe Jeantot -ancien plongeur, recordman de profondeur lors de l’opération Janus IV (- 501 mètres !), double vainqueur du BOC Challenge (le tour du monde en solitaire mais avec escales) - avec l’appui de la Vendée et de son conseiller général : Philippe de Villiers.
Le Vendée Globe est la course autour du monde à la voile en solitaire sans escale et sans assistance, qui consiste à partir des Sables d’Olonne pour y revenir, sur des bateaux mesurant 60 pieds soit 18,28 mètres. Il faut laisser à bâbord (donc à gauche) les trois grands caps, Bonne Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et le Horn (Amérique du Sud). Mais le Vendée Globe, c’est aussi le tour de l’Antarctique à laisser à tribord donc à droite.
La règle est simple. On peut toujours s’arrêter certes, mais uniquement au mouillage, et il est interdit de débarquer à terre… et encore moins de se faire aider, sous peine d’être disqualifié. Depuis la première édition en 1989, plus de la moitié des concurrents ont abandonné, sur casse matériel le plus souvent.
La distance orthodromique de cette course souvent baptisée « l’Everest des mers » est de 25 000 milles, soit 46 300 kilomètres. Mais si plus de 4000 montagnards ont gravi le toit du monde, moins d’une centaine de marins seulement a participé aux sept éditions du Vendée Globe depuis 27 ans .
La course a été successivement remportée par Titouan Lamazou (109 jours), Alain Gautier (110 jours), Christophe Auguin (105 jours), Michel Desjoyeaux (deux fois… 93 puis 84 jours), Vincent Riou (87 jours) et enfin François Gabart (78 jours). Jean-François Coste qui a terminé 7ème et dernier (sur 13 partants) de la première édition, a mis 163 jours… et détient toujours le record du plus grand nombre de jours passés en mer.
L’histoire de cette course légendaire est associée malheureusement à des tragédies, avec les disparitions de Mike Plant (avant le départ en 1992), Nigel Burgess (en 1992), Gerry Roufs (en 1996), mais aussi à des exploits inconcevables, comme Loïck Peyron parvenant à redresser le ketch de Philippe Poupon au large de Capetown, comme Thierry Dubois et Raphaël Dinelli, miraculés et sauvés dans l’océan Indien après avoir survécu sur leur bateau retourné dans la pire tempête qu’a connu le Vendée Globe. Comme Yves Parlier fabriquant un gréement de fortune en carbone dans une petite île perdue au Sud de la Nouvelle Zélande ou encore, Jean-Pierre Dick terminant 4ème de la course en parcourant plus de 2500 milles sans quille pour finir classé 4ème. On comprend mieux pourquoi la course à la voile la plus dure du monde est désormais aussi connue que la Coupe du monde de foot, le Tour de France cycliste, Roland Garros ou les 24 heures du Mans…
Selon Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, l'édition 2012-2013 a été suivie par « neuf millions de visiteurs sur le site internet de la course, avec 285 millions de pages vues, 30 millions de vidéos vues, 500 000 joueurs au Vendée Globe virtuel, 85 heures de direct TV et 1 700 journalistes accrédités ». Tout est dit !
Ils seront 28, peut-être un peu plus… sur la ligne de départ le 6 novembre, dont 12 bizuths, 1 ancien vainqueur et 2 anciens dauphins…

Le chiffre de la semaine :

60 : Le nombre de marins ayant abandonné le Vendée Globe en 7 éditions ou ayant terminé hors classement ( escale technique)

Les mots pour le dire :

Orthodromie : C’est la route la plus courte entre deux points d’une sphère. Sur une carte de Mercator, « l’ortho » est courbe. On la nomme géodésique. Mais en voile, comme il est impossible de suivre cette route par rapport à la météo notamment, les navigateurs la rallonge d’autant. La plupart des coureurs du Vendée Globe effectuent environ 31 000 milles soit 6000 de plus que la route orthodromique. C’est un aller-retour entre la France et les Etats-Unis !

Ketch : Voilier ayant deux mâts. Alain Gautier, vainqueur du second Vendée Globe en 1993 avait choisi cette configuration permettant de répartir la voilure sur deux mâts. Aujourd’hui, le gréement de ketch a totalement disparu en course.

Bizuth : Signifie novice. Ce sont donc ceux qui prennent le départ du Vendée Globe pour la première fois. Outre Eric Bellion sur COMMEUNSEULHOMME, on retrouve Morgan Lagravière, Paul Meilhat, Sébastien Destremau, Fabrice Amedeo, Thomas Ruyant, Alain Roura, Stéphane Le Diraison, Peter Heerema, Didac Costa, Jean-François Pellet, et enfin Conrad Colman. Que du beau monde !