Par Sam Goodchild

Nous venons de passer le cap des 2 semaines en mer et la deuxième semaine a été radicalement différente de la première, comme prévu je suppose. La Transat Jacques Vabre se divise en 3 sections assez sympas pour nous :
- Semaine 1 – Objectif : sortir des systèmes de basse pression hivernales que l’on essuie depuis le début, mettre la crème solaire et enchainer sur les alizés.
- Semaine 2 – Objectif : traverser le pot au noir et se retrouver de l'autre côté, la partie la plus stratégique de la course
- Semaine 3 – L’arrivée !

Les conditions plus maniables des alizés nous ont permis de nous habituer au bateau, de renforcer notre confiance en lui et de trouver ses limites... et surtout de ne plus avoir la crainte constante de savoir ce qui pourrait casser.

Nous avons touché le pot au noir environ 50 milles derrière l’avant-dernier de la course et avons eu la chance de bénéficier de quelques nuages sympathiques qui nous ont permis de dépasser les 2 bateaux devant nous. Je suppose que c’était assez frustrant pour eux - mais ce n’est pas notre problème pour l'instant! :) Après avoir slalomé à travers les bourrasques et les zones calmes, nous nous sommes trouvés à 200 mètres de Matmut, le début d'une course effrénée sur 1500 milles vers le sud. Nous avons trouvé un peu de vitesse de manière inattendue (et Matmut a rencontré certains problèmes) et nous avons réussi à nous éloigner un peu d’eux. Nous avons également pris de l'avance sur Bureau Vallée, qui peinait suite à leur décision de passer plus à l’Ouest du pot au noir que nous (vent arrière).

A bord, les choses vont toujours bien, nous nous sommes installés dans une petite routine. Nous faisons des veilles de 3h chaque nuit, visant 5 à 6 heures de sommeil chacun. La journée, c'est un peu plus souple, on se rattrape sur les autres nécessités du bord, avec une sieste chacun selon si la nuit précédente était paisible ou non.

La nuit dernière était plutôt différente ! - La nuit la plus excitante / chargée jusqu'ici. Un vent très instable a impliqué pas mal de temps passé à border et à ajuster les réglages pour continuer à aller dans le bon sens et à la bonne vitesse. Puis, à l'improviste, la barre s’est bloquée, on a abattu et empanné. Nous basculons alors la quille, le tangon et la pile de choses que nous stockons (voiles de rechange, nourriture et des vêtements) sous l'eau de l'autre côté et nous asseyons pour essayer de trouver d'où vient le problème - toujours avec la barre bloquée. Il a fallu un certain temps pour découvrir que le vérin hydraulique de l’autopilote s’était bloqué, sans doute à cause de l‘eau. Nous avons échangé avec celui de secours et continué notre chemin – on se demande pourquoi ces choses arrivent toujours à 3 heures du matin!

A part cela, nous avons dû nous occuper d’un petit problème d’hydrogénérateur qui s’est transformé en un problème de pénurie de carburant parce que nous avons dû faire fonctionner le moteur plus que prévu pour générer de l’électricité. Nous avons mis en place un système D qui nous permet de recharger les batteries plusieurs fois par jour - mais en faisant attention à ne pas surchauffer et avoir un problème comme celui rencontré par Bureau Vallée. Avec environ 5 jours restants pour terminer la course, on croise les doigts pour que tout reste sous contrôle.