Par Sam Goodchild

Une semaine après le départ de la Transat Jacques Vabre, voici quelques nouvelles du bord.

Comme toujours, ces Transats commencent avec des débuts difficiles et venteux. Lorsque nous avons quitté le Havre, nous avons dérivé vers la ligne de départ dans très peu de vent, mais une fois quitté la côte, nous avons atteint assez rapidement la première des trois dépressions attendues vers l’ouest, en prenant des ris et en réduisant la voilure au fur et à mesure de notre avancée. N’ayant jamais passé de dépression au Nord auparavant, nous étions curieux de voir ce que cela donnerait. Cela ne paraissait pas évident pour tout le monde mais nous préférions de beaucoup l’option empannage vents légers / grosses vagues à l’option plus classique près au vent sur front froid. Si vous avez le choix on vous le recommande.

Depuis, nous avançons vers le sud et avons passé deux dépressions supplémentaires avec des vents allant de 10 à 50 nœuds. Notre priorité a été de maintenir le bateau en un seul morceau et de terminer cette course. Comme presque tous les bateaux, nous avons eu un peu de casse mais COMMEUNSEULHOMME tient bien le coup. J’ai enfin réussi à atteindre les Alizés ! Après avoir essayé et échoué deux fois déjà lors de précédentes Transats Jacques Vabre, le sentiment est jubilatoire. Chapeau, crème solaire et lunettes ont fait leur première apparition aujourd'hui. Nous avons mis le spi et sommes toujours en direction du Sud.

En terme de performance, nous sommes derrière les autres bateaux de notre génération, mais nous sommes heureux de les suivre de loin et de découvrir l'IMOCA en essayant de faire un minimum d’erreurs. Il y a beaucoup à apprendre: j’ai navigué sur de petits bateaux ou des bateau plus grands en équipage où la gestion des voiles et des problèmes était beaucoup plus facile. Ici ce n’est pas évident de trouver l'équilibre entre le risque, la performance et la casse. Du coup on perd beaucoup de temps en étant soit en sous-puissance, soit inquiet de casser quelque chose, ou les deux. J’adorerais voir comment les mecs plus expérimentés à l'avant gèrent ça.

Les choses vont bien à bord, Eric est un très bon communicant ce qui rend la cohabitation et le travail faciles. Bien que cela me soit moins naturel, je fais de mon mieux pour communiquer aussi et ces échanges nous aident doucement mais sûrement à découvrir ce nouveau type de bateau et de navigation. Nous avons eu une bonne journée de bricolage, nous occupant de toutes les petites choses mises de côté pendant le mauvais temps et cherchant tout ce que nous avions raté. Tout cela ainsi qu’un voyage en haut du mât ce matin a fini de nous achever. Nous essayons donc de rattraper un peu de sommeil, tout en gérant un spinnaker de la taille d’un mammouth et les inévitables grains des Alizés.

On continue vers le Sud. C’est tout pour le moment