Par Didier Ravon

Photo : ©Nicolas Henry

Après quelques jours de vacances, l’équipe de COMMEUNSEULHOMME a retrouvé « le chemin de l’école » pour deux mois intenses et décisifs avant le départ du Vendée Globe, qui sera donné le 6 novembre. Les dés sont jetés ! Le bateau est opérationnel pour partir autour du monde, mais on améliore tout ce que l’on peut. C’est un peu le sprint, car il reste des tas de petites bricoles à faire. En attendant, je rentre d’une navigation de plus de 24 heures avec Sam Goodchild, mon équipier de la Transat Jacques Vabre. Comme toujours, Sam a été d’un apport précieux. Nous avons testé les nouvelles voiles, optimisé les réglages après le chantier d’été, et sommes rentrés dans les petits détails. Sam est super fort là-dessus. On a eu de belles conditions avec 15 à 20 nœuds de vent, et mine de rien cet entraînement m’a bien mis dans le rouge. Sam m’a fait bosser dur… et en 24 heures, on a fait l’équivalent d’une semaine de manœuvres – envoi de spi et gennaker, empannages, virements de bord, prises de ris, affalages… Il était là en observateur, carnet de note en mains, m’a montré des petites finesses de manœuvre comme par exemple veiller à ce que le gennaker quand tu l’affales, tombe bien à l’intérieur du balcon dans la petite échancrure. Il m’a épuisé, mais en même temps j’ai pris énormément de plaisir. Je sens que c’est un peu mieux tous les jours, même si je sais que j’ai une sacrée marge de progression. Puis avant d’aller à Cholet rencontrer les 1200 salariés de Nicoll qui m’ont fait la surprise de m’offrir une maquette du bateau en PVC - sorte d’Imoca en Playmobil - nous avons organisé une petite sortie apéro-dîner aux Glénans avec les neufs salariés de COMMEUNSEULHOMME, les filles de Paris et les garçons de Port-La-Forêt. Bref, la rencontre de l’équipe administrative et communication avec l’équipe technique. C’était vraiment sympa, et j’étais très ému de voir cette équipe qui a pris ce projet avec autant de cœur. Je mesure tous les jours un peu plus la chance et le privilège d’avoir fait ces rencontres, pu monter un tel projet, et je sais que l’on va attaquer le « cœur du fromage » pour lequel tout le monde a énormément travaillé. Hier, j’ai fait mon avant-dernière journée de formation météo avec Jean-Yves Bernot, et comme toujours c’était aussi passionnant qu’instructif. Enfin, je vais aussi m’entraîner avec cette fois comme coach Sam… Davies, grande navigatrice britannique qui m’a été conseillée par Michel Desjoyeaux, et qui va évidemment m’apporter encore plein de choses. J’ai hâte d’y être.

Le chiffre de la semaine 60: Le nombre de jours qui restent avant le départ du Vendée Globe donné par SAS Albert II, prince de Monaco devant les Sables d’Olonne.

Les mots pour le dire Gennaker: Voile d’avant que l’on établit à partir des allures du vent de travers, et qui mesure entre 220 et 350 m3 selon la taille et le vent. Très puissant et creux, en membrane à base de carbone, le « gennak » est asymétrique et possède une attaque libre (appelée guindant), contrairement aux focs qui eux sont établis sur un étai. Il est enroulé sur un câble dit anti-giratoire et stocké dans la soute avant. Sa manœuvre est très physique, vu la surface et le poids de l’ensemble, sans oublier le tissu très raide et glissant.

Samantha Davies: Navigatrice britannique, révélée lors du Vendée Globe 2008-2009, où elle a terminé 4ème et illuminé la course par son talent, sa fraîcheur et ses récits. Mariée au Français Romain Attanasio, concurrent du prochain Vendée Globe, « Sam », ingénieur diplômée à Cambridge, a aussi disputé la dernière Volvo Ocean Race (course autour du monde en équipage et en escales) comme skipper. Cette mère de famille de 42 ans vit en Bretagne et est parfaitement bilingue.